Dans certains domaines, tenir compte de la tendance sexuelle n’est pas une discrimination injuste, par exemple dans le placement des enfants à adopter ou leur mise en garde, dans l’engagement d’enseignants et d’entraîneurs sportifs et dans le recrutement
militaire. »

Cardinal Ratzinger & Jean-Paul II, Certaines considérations concernant la réponse à des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles, 1992.

 

La parade ne doit être autorisée en aucune circonstance. S'ils descendent dans la rue, ils doivent être battus. Toute personne normale le fera, chez les musulmans comme chez les orthodoxes. »

Talgat Tadjouddine, mufti suprême du Directoire central spirituel des Musulmans de Russie, à propos de la tentative de 1re Gay Pride de Moscou en 2006.

 

Ben oui, je suis gay, catholique et de droite ! »

Steevy, dans l'émission On a tout essayé, France 2, le 6 septembre 2006.

L'homosexualité et les religions

Les trois grandes religions monothéistes considèrent l’homosexualité comme un acte contre-nature prohibé par leurs Saintes Écritures respectives… Bien que certain-e-s homosexuel-le-s ont été lié-e-s à l’histoire des religions et impliqué-e-s dans leur développement.

Religion chrétienne

Parmi les différents courants chrétiens, des nuances apparaissent dans les jugements donnés sur l’homosexualité et dans la façon de traiter la personne homosexuelle.

L’Église catholique

En son temps, Jean-Paul II avait justifié certaines discriminations envers les homosexuel-le-s (embauche, emploi, logement). Distinguant la « personne » et l’« acte », il se déclarait plein de compassion pour les personnes « souffrant » d’homosexualité mais condamnait le passage à l’acte. Durcissant les positions prises par son prédécesseur, Benoît XVI condamne tant l’homosexualité que les homosexuel-le-s. Actuellement, le Vatican fait pression sur les élus catholiques des pays légiférant en faveur des gays et des lesbiennes (mariage, homoparentalité, partenariats…). Ces pressions étant assorties de menaces d’excommunication. De plus, le Pape actuel a fait publier un document interdisant explicitement la prêtrise aux homosexuels. La position du primat de Belgique et des évêques belges semble plus modérée et nuancée que la position officielle du Vatican.

L’Église orthodoxe

Les différentes Églises orthodoxes ont une attitude assez semblable à celle de l’Église catholique. Elles font le même distinguo entre la « personne » et l'« acte ». Cependant, leurs condamnations sont parfois plus virulentes et peuvent engendrer des violences envers les homosexuel-le-s (voir la tentative de 1re Gay Pride de Moscou en 2006).

L’Église protestante

Moins hiérarchisée, l’Église protestante n’a pas de position unanime sur l’homosexualité. Dans certaines Églises protestantes et anglicanes, l’homosexualité ne pose plus problème : des prêtres et des évêques homosexuel-le-s y sont ordonné-e-s, des pasteurs bénissent des unions de personnes de même sexe. Dans d’autres Églises, le débat fait rage et mène parfois à des scissions et à des schismes.

Religion musulmane

La condamnation de l’homosexualité par la religion musulmane se base plus sur la charia (règles de conduite applicables aux musulmans) que sur les préceptes du Coran. Dans tous les pays musulmans, l’homosexualité est punie par la loi (amendes, peines de prison, châtiments corporels, voire peine de mort), sauf en Égypte (où l’homosexualité est néanmoins soumise au harcèlement policier) et en Turquie.

Religion juive

La religion juive condamne l’homosexualité masculine mais ne mentionne pas l’homosexualité féminine. Un courant religieux juif progressiste existe (surtout aux USA) qui se veut plus ouvert et plus tolérant vis-à-vis des homosexuel-le-s.

Bouddhisme

Nulle part dans ses textes de référence, le Bouddhisme ne condamne explicitement l’homosexualité. Cependant le Dalaï Lama a clairement, et à plusieurs reprises, déclaré que la morale bouddhique ne pourrait la tolérer.

La récupération sectaire

Des groupuscules religieux considérés comme sectaires profitent de la condamnation de l’homosexualité par les grandes religions monothéistes pour accueillir les gays et les lesbiennes en leur sein et se présenter en défenseurs de la cause homosexuelle. C’est le cas notamment du mouvement raëlien qui n’hésite pas à faire du militantisme pro-homo pour attirer vers lui des gays et des lesbiennes en quête de spiritualité.

Une intolérance œcuménique

Que ce soit contre la tenue de Gay Prides (Moscou, Jérusalem) ou contre les projets de loi visant l’égalité juridique des homosexuel-le-s, les grandes religions (catholique, juive, musulmane, orthodoxe) savent oublier leurs antagonismes traditionnels pour se coaliser et condamner d’une seule et même voix le mouvement homosexuel et toutes celles et tous ceux qui le soutiennent.

Prier quand même

Des croyant-e-s homosexuel-le-s se retrouvent autour de leur foi afin de pouvoir pratiquer leur religion ensemble et, le cas échéant, faire pression sur leurs clergés locaux pour être pris en compte dans la communauté des fidèles. Ils se réunissent au sein d’associations telles que la Communauté du Christ Libérateur (chrétienne – Belgique), David & Jonathan (catholique – France), Beit Haverim (juive – France), Al-Fatiha (musulmane – USA), Imaan (musulmane – Royaume-Uni), etc.